A toi, celui qui a accepté, un temps soit peu, de rénover l'épave que je suis devenue. A toi, être emplit de courage d'avoir dégné me tendre la main de la surface aux profondeurs d'une mer où corps et esprits m'appartenant gisaient. A toi, l'audacieux bravant mes tourments et conjurant le sort que l'on m'avait jeté. A toi, piètre nageur, qui a malgré tout pris la peine de plonger dans cet océan pour me délivrer. A toi, bel apollon de m'avoir soulevée dans les airs pour me laisser expirer à un amour nouveau. A toi, l'invétéré sauveur qui m'a libérée de l'emprise de ces eaux où j'étais encrée. A toi, reconnu pêcheur de désarroi, autant que mécanicien du coeur qui m'a fait naufragée plutôt que noyée indignement oubliée, laissée pour morte entre les vagues et lavée jusqu'aux entrailles par l'écume. A toi, celui qui m'a permit de cracher le désespoir qui remplissait mes poumons bien trop abondamment et qui m'a laissé lui porter un brin d'affection entre deux rives.
A C.